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 Les carnets de Cheshire

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Cheshire
Ecatastrophe
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Localisation : Sous la clarté de la Lune, avec son Crâpaud...
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MessageSujet: Les carnets de Cheshire   Ven 18 Aoû - 19:41

[hrp]allez zou, un nouveau carnet pour Ches. Les extraits des autres carnets de Ches se trouvent sur le forum des Filles de la Lune, je vous fait un petit recensement des topics, si jamais ça vous intéresse:

Extrait du premier carnet de Ches [bg]
http://nostralunaluxest.forumactif.com/viewtopic.forum?t=875

Album Fo-Thos commenté de Cheshire:
http://nostralunaluxest.forumactif.com/viewtopic.forum?t=883

Le conte d'une écatastrophe
http://nostralunaluxest.forumactif.com/viewtopic.forum?t=902

L'histoire de la naissance de Venora et Tinwë:
http://nostralunaluxest.forumactif.com/viewtopic.forum?t=1072

Le carnet tourmenté de Ches:
http://nostralunaluxest.forumactif.com/viewtopic.forum?p=12674#12674
http://nostralunaluxest.forumactif.com/viewtopic.forum?t=1083

Dernière page du carnet tourmenté:
http://nostralunaluxest.forumactif.com/viewtopic.forum?t=1147&postdays=0&postorder=asc&start=15

Voilà pour les carnets... si maintenant la vie de Ches vous passionne vraiment, on peut trouver aussi les Lettres de Sam et leurs réponses:
http://nostralunaluxest.forumactif.com/viewtopic.forum?t=966
http://nostralunaluxest.forumactif.com/viewtopic.forum?t=938
http://nostralunaluxest.forumactif.com/viewtopic.forum?t=1038

Voilà^^ j'ai été prolifique on dirait!!

Concernant les règles de mon carnet, vous avez le droit d'intervenir, un peu à la manière du mode d'emploi de Grey^^

Allez place au carnet ]

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Cheshire
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MessageSujet: Re: Les carnets de Cheshire   Ven 18 Aoû - 19:42

Sur la première page du carnet de Ches, on peut lire, de son écriture ronde:

Retour à la vie

Et sur la page suivante...

Voilà près de deux Lunes que je suis revenue à moi dans ce pays mouvementé qu’est Amakna, et je n’ai pas vraiment eu le temps d’écrire… il serait temps de m’y remettre! Et pour fêter ça, je commence un nouveau petit carnet, tout neuf, neuf comme ma nouvelle vie, vierge, blanc, doux, plein d’espoirs et de promesses.

De toutes façons, je n’ai rien de mieux à faire que d’écrire, vu que je suis parfaitement incapable de dormir. Mes bébés dorment comme des souches, juste à côté de moi, même Tinwë a gardé son grand et beau sourire, malgré la soirée pénible qu’il a du passer, le pauvre bout de chou. J’espère que Venora dort en sécurité, blottie contre son père, mais je n’en doute pas en fait, Sam a toujours très bien su s’occuper d’elle.

Il y a des soirées en Amakna où tout est calme, le soleil se couche et la douce clarté de la Lune vient éclairer nos promenades. On déracine des abras, on décime des wabbits, on essaie de voler le grand méchant wa, et on finit la soirée à la taverne, entre amis, autour d’une, enfin de plusieurs bières, dans le calme, la joie et la bonne humeur.

Il y a des soirs comme ça en Amakna, et puis il y a des soirs comme celui d’hier. Des soirs qui commencent comme tous les autres soirs, le soleil qui se couche, la Lune qui se lève, une soirée douce qui s’annonce, quelques abras décimés, une bière à la taverne… et puis un mot, une décision, un geste qui fait basculer du calme à la tempête, du rire aux larmes, de la sérénité à la crise… pour ce que j’en sais, ma vie a été ainsi faite, de brutales tempêtes qui laissent ensuite placent à un beau ciel bleu, et il faudra que je m’y fasse.

Hier soir donc, je buvais une bière à la taverne, Tinwë dans mes bras, mes pensées divagant sur la nouvelle vie que je débutais, mes projets, les Robinwoodeurs, les Filles de la Nuit, le conflit Brakmar/Bonta, les bandelettes qui me manquaient pour mon Kraignosse, et… oh tiens, tout d’un coup mes pensées se focalisent sur mon empaffré de mari… ça me rappelle brusquement que je dois lui parler. Je l’appelle donc, il m’a fallu quelques appels pour qu’enfin il m’entende, il est venu, on a parlé, le ton a monté, encore monté, il a fini par partir, et je l’ai suivi. En sortant de la taverne, je crois Ali, je lui demande de veiller sur Tinwë pendant que j’arrange une ptite chose.

La suite m’a éloigné un long moment de la taverne, jusqu’à ce que Sam m’avertisse qu’il y a un problème avec Tinwë. J’essaie de contacter Ali sans succès, puis Tinwë, aucun des deux ne répondent, et puis Sam me dit qu’il a été enlevé, je file à la taverne, j’hurle comme une hystérique et finalement, des témoins affirment avoir vu mon fils partir avec une sramette… une petite troupe, emmenée par une drôle de Iopette du nom d’Athena, et qui semble bien connaître Ali, se forme pour se mettre à la recherche des deux disparus. Je la suis, accompagnée de Kalyr, Sam, une certaine Miss Louzaaaaael, et un xélor qui nous rejoint peut après. Soudain Athena perçoit la présence d’Ali et après quelques recherches, on retrouve notre amie, bien mal en point, dans les vapes, qui n’arrive qu’à invoquer une poupée qui nous guidera vers Tinwë.

Folle de terreur, j’ai suivi le groupe, toujours emmené d’une main de maître par Athena, et finalement, après quelques heures de recherche on retrouve mon fils à la maison cachée des cordonniers, endormi, drogué, mais sain et sauf. Malgré le choc, j’étais soulagée, et Sam aussi, il a beau avoir une manière bien à lui de rester en retrait des petits, il voit bien qu’il les aime ses enfants, et que c’est parfaitement réciproque, et que quoiqu’il dise, ça ne changera jamais, ça.

S’en est suivi un discussion sur l’auteur de ce rapt, le pourquoi, le comment, un certain Meurlévach qui tenait une réunion ce soir là à la taverne, une sramette bleu-mauvâtre qui a été vu avec mon bébé, une sadidette qui se comportait de façon louche depuis le début de la soirée…. Et puis Tinwë s’est réveillé, on lui a demandé de raconter ce qui s’est passé, il nous a parlé de la sramette, de la sadidette qui avait caché quelque chose à la taverne, quelque chose que Tinwë avait trouvé et avait donné à Ali. Ali nous a alors sorti un drôle d’horloge avec plein de fils, et on s’est demandé ce que pouvait bien être cet objet, alors que mon Tinwë, soudain paniqué, montrait l’horloge du doigt en criant « ça pas bo! Ça boum, bobo tous! ». C’est là qu’on a compris: une bombe! Il fallait agir vite, ni une ni deux, Ali a invoqué une sacrifiée, y a attaché la bombe, et est partie avec pour la faire exploser dans un coin sûr. On a alors entendu un bruit retentissant et vu de la fumée au nord des Champs de Farle. On a appelé Ali, mais on n’avait plus de réponse, alors on a couru, couru, et on l’a trouvée, en sang, disloquée, inanimée, presque morte… quel choc, Athena s’est effondrée, il y avait déjà bien assez de personnes mortes dans son entourage. Heureusement, miss Louzaaaael est une grande énie, et grâce à quelques potions et incantations, elle a pu réanimer Ali.

Nous étions là, dans les champs de Farle, Tinwë et Ali retrouvés, tout le monde hors de danger, et aucune trace des auteurs du rapt. J’étais épuisée, Tinwë aussi, Ali avait besoin de repos, on s’est donc séparés, remerciés et réconfortés, et puis me voilà, chez les Robinwoodeurs, en sécurité avec mes enfants, incapable de dormir, mais soulagée de voir leurs sourires et d’entendre leurs ronronnements.

J’aurais préféré une soirée plus calme pour une nouvelle vie.

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Cheshire
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MessageSujet: Re: Les carnets de Cheshire   Lun 11 Sep - 14:14

Les choses ne sont pas toujours noires ou blanches, certaines sont multicolores, comme ma vie… du moins on dirait!

Mon pauvre carnet reste donc bien à l’abandon. A ma décharge, j’ai passé le plus clair de mon temps entre mes enfants, les Robinwoodeurs, la chasse aux bouftous et mes griffes qu’il fallait absolument que j’aiguise. Mais bon, ça ne justifie pas tout, et certainement pas le fait que mon carnet traîne sur une table, quasi vide. J’écrivais que j’entamais un nouveau carnet pour une nouvelle vie, pas que je devais oublier la bonne habitude que j’avais d’écrire. Peut être est-ce parce que j’ai eu un peu de mal à me débarrasser de mon ancienne vie, des démons qui m’ont hanté, de vieux souvenirs qui reviennent, quelques regrets qui affleurent et parfois même une pointe de tristesse.

Il a fallu quelques bouteilles de rhum et beaucoup, beaucoup de bières pour que je vienne à bout de mon ancienne vie, j’ignore si j’ai réussi, mais au moins j’ai passé un cap, je me sens mieux, je dors sereinement, je me réveille avec le sourire et je n’ai même presque plus envie de boire du rhum. Et surtout, zou, j’ai envie d’écrire dans mon nouveau carnet de ma nouvelle vie. Que raconter ? que je maitrise enfin la griffe joueuse, que je sais enfin chasser le wabbit, que je suis une robinette et fière de l’être, que je partagerai toute mon énergie en partie pour rendre heureux ceux que j’aime, et en partie pour robinwooder avec le sourire, que la Lune éclaire mes nuits de son éclat doux et rassurant ? Je ne sais pas trop en fait.

Je pourrais écrire sur le départ de mon oncle et de ma tante, qui quittent Amakna sans un au-revoir, ou plutôt si, un tout petit, petit, au revoir et qui va laisser un vide immense dans ma vie. Mais ce départ est un signe de plus que ma vie prend un tournant.

Je pourrais écrire sur la famille qui me reste ici, celle du cœur, celle qui m’entoure, me protège et m’aime. Celle que j’aime aussi. Mais cette famille sait déjà tout ça.

Je pourrais écrire sur les Rob, la ‘disparition’ d’Amatiah, le départ de Sam, le travail qu’on doit faire pour la guilde et pour nos missions, le métier de chasseuse que j’essaie de progresser avec acharnement, et mon fils qui passe ses journées à cueillir les fleurs. Mais ça ne regarde que les Rob, et moi.

Je pourrais écrire sur mes sœurs, les Filles de la Lune, qui n’ont plus comme cheffe que l’ombre de Minuit, et qui restent mes soeurettes adorées. Mais je ne suis plus l’une d’elles.

Je pourrais écrire sur le remariage de Sam. Mais quel intérêt ?

Je pourrais écrire sur le fait que je viens de retrouver quelque chose de très précieux, qui m’appartient, et que je croyais perdu, brisé et détruit, et le soulagement et la joie que j’éprouve à cela. Mais je ne suis pas sûre d’avoir envie de la partager. Pas tout de suite du moins.

Je crois que mon corps et mon esprit sont trop en ébullition pour écrire. Je reprendrais plus tard.

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MessageSujet: Re: Les carnets de Cheshire   Jeu 14 Sep - 11:43

Le soleil est à peine levé et mes yeux sont déjà ouverts, c’est assez inhabituel… d’autant que tout le monde dort autour de moi, et que je n’ose pas bouger de peur de réveiller quelqu’un, et réveiller un des bébés, c’est comme les réveiller tous !

Je viens de faire un drôle de rêve. J’étais la toute jeune écatte dont je me souviens, et je pleurais. Ma mère et mes sœurs étaient là, mais je ne voyais pas mon père. Je le cherchais des yeux, puis je paniquais, et je me mettais à le chercher partout dans la maison, sous les lits, dans les placards, au sellier, à la grange, même dans le conduit de la cheminée. Impossible de le trouver. Et ma mère et mes sœurs ne semblaient rien remarquer et vivaient leur vie comme tous les jours, je leur criais que papa n’était plus là, mais elles n’y prêtaient aucune attention. C’était tellement saisissant que ça m’a réveillé, et j’ai tellement de questions dans ma tête que je suis incapable de me rendormir. Finalement, j’ai mis la main sur mon tout premier carnet, et j’ai relu les passages qui concernent le départ de mon père… l’indifférence de ma mère, ma tristesse et l’angoisse que j’avais de vivre une séparation un jour.

La séparation, je l’ai vécue, et je l’ai surmontée. Mais les enfants ? ça m’inquiète, je ne sais pas comment ils vivent ça, et j’espère que tout ça n’influencera pas leur vie future, et n’alimentera pas chez eux le même désir de fuite que le mien. J’espère qu’ils iront bien, qu’ils seront des enfants et des adultes épanouis, qu’ils vont connaître l’amour et le bonheur de fonder une famille, qu’ils… hmm bon, je suis en train de les regarder, et ce ne sont encore que des très jeunes enfants, j’ai le temps de penser à tout ça… on verra.

Finalement, je crois que le départ de mon père a conditionné énormément de choses dans ma vie, mon désir de fuir Emlac pour Amakna, mon désir d’avoir une famille stable, épanouie, modèle et sans heurt, ma fuite d’Amakna face à un constat d’échec cuisant dans ce domaine, le fait que j’ai égaré quasiment tous les souvenirs que j’ai de son départ et de ce qui a suivi, mes angoisses, mes peines, mes peurs, mes insomnies, mes cauchemars. Perdre les miens, regarder ceux que j’aime partir sans un au-revoir, voir un amour qui paraissait si solide se détruire pour des broutilles, être une mauvaise mère, une mauvaise femme, voilà ce que je redoute le plus…

Je regarde mes enfants, et je souris, parce que je les aime tant, et qu’ils me le rendent bien. Mais je me demande comment j’ai pu être assez folle pour accepter d’avoir des enfants, alors que j’étais paniquée à l’idée de répéter le schéma de mes parents. Evidemment, c’est arrivé.

Parfois il vaudrait mieux que j’écoute ma raison plutôt que mon cœur. C’est pas gagné.

Il serait bon aussi que je retrouve ma mère, ou mes sœurs, elles ne sont plus à Emlac, mais les connaissant elles n’ont pas dû partir loin.

Ah et il vaudrait mieux que je dorme pour être en forme quand les enfants seront réveillés.

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Cheshire
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MessageSujet: Re: Les carnets de Cheshire   Ven 15 Sep - 13:51

Je passe mon temps le nez dans mon carnet en ce moment. A peine j’ouvre un œil, que j’ouvre mon petit carnet. Ce n’est pas tant l’envie d’écrire que celle de garder une trace des moments que je vis aujourd’hui.

Tiens, j’en profite pour rappeler dans ces pages ce que j’expliquais à quelqu’un cher à mon cœur il y a peu. Certes, je laisse trainer mon carnet un peu par tout, aux vues de tous, pour le bonheur du curieux (je ne vise personne, même pas un certain adepte en collant bleu de la kryptonite), mais avant tout, ce carnet je l’écris pour moi. Pour sortir toutes mes pensées de ma tête, les coucher telles qu’elles sur le papier, prendre du recul sur elles et poser, quelques jours après, un regard serein et reposé dessus. Mes écrits sont spontanés et tourmentés, car ils reflètent les pensées qui m’assaillent aux moments où je les écris. Souvent le lecteur en déduit que je vais mal. Or ce n’est pas toujours le cas : une fois mes pensées extraites de ma tête, je me sens souvent bien mieux : je passe à autre chose et attend quelques jours avant de reprendre ma réflexion.

En ce moment, à part quelques inquiétudes de mère, tout va bien. Mes nuits sont longues, mon sommeil réparateur, mes rêves sont doux et je me réveille toujours avec une irrésistible envie de sourire. Sourire à mes bébés, sourire à mes amis, sourire à mon amour, sourire aux astrubiens, aux bouftous, aux tofus, au phare, devant une bière, à la mer, à l’avenir, à la vie. Je vais finir par avoir des crampes aux joues !

Je souris même en travaillant, et qu’est-ce que je travaille ! Je chasse les wabbits, les bouftous et les tofus sans relâche, ou si, le temps d’une bière, d’un sourire ou d’un bisou, et pouf c’est reparti. Bientôt je serai une suffisamment bonne chasseuse pour apprendre un nouveau métier, et je stocke mes cuirs en prévision de ma formation de cordonnière. Une fois que j’aurais atteint un niveau professionnel convenable, je reprendrais l’entrainement, je chercherai un filleul, je m’impliquerai plus dans mon côté protecteur des Rob.

J’ai du boulot qui m’attend, à commencer par le bain, le repas, et les jeux des enfants.

Ca promet d’être fatigant, mais c’est tellement bon d’être de retour !

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GreyDancer
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MessageSujet: Re: Les carnets de Cheshire   Ven 15 Sep - 14:00

de l'écriture fine de Grey, dans un coin de la page :

Heureux d'enfin te retrouver, Ches !
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Cheshire
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MessageSujet: Re: Les carnets de Cheshire   Lun 18 Sep - 17:27

Me voilà, une journée de plus, appuyée contre un arbre, mon carnet sur les genoux, ma plume à la main, à penser à ce que je vais écrire.

Les enfants jouent dans l’herbe. Ils sont adorables : Tinwë et Iokaku se battent avec des épées de boissailles comme deux petits diables, Chacaline s’amuse avec le maquillage que lui a prêté sa tante Ludi et Tai et Fuh se chamaillent pour on ne sait quelle raison, vu qu’ils semblent les seuls à se comprendre. Seule Venora manque, elle est tellement indépendante, tellement solitaire, tellement… à part. Je suis contente que Sam trouve le temps de s’occuper d’elle, parce qu’elle a vraiment besoin d’être entourée, encadrée et canalisée.

Avant hier, j’ai fait un voyage rapide à Emlac. Les moyens de transport ont fait beaucoup de progrès ces derniers temps. Sans surprise, j’y ai retrouvée notre maison vide, ma mère étant partie il y a quelques Lunes maintenant. J’ai pourtant pu discuter avec ma voisine, qui a bien vieillie maintenant, ça m’a fait drôle de la revoir, on s’est remémoré des tas de souvenirs de ma jeunesse, et elle était très surprise que je sois maintenant mère de famille. Elle m’a donné le nom du village où vit désormais ma sœur ainée et son mari, je n’ai pas eu le temps de m’y rendre, mais il faudra que je le trouve ! Ma famille me manque et il est temps que je les revois ! J’irai un jour prochain, quand je n’aurais rien à faire, c’est à dire quand j’aurais quelqu’un pour garder les enfants et que les Rob auront repris leur vitesse de croisière.

Hier, j’ai encore passé une bonne partie de la journée à chasser compulsivement les bouftous. J’ai collecté tout un tas de cuisses de bouftous, et encore quelques petits efforts me permettront d’avoir progressé suffisamment pour apprendre la cordonnerie. J’ai de quoi faire, puisqu’en apprenant à découper les cuisses de bouftous, j’ai aussi acquis l’art d’en découper le cuir. Le travail m’occupe le corps et l’esprit d’une façon qui n’est pas si désagréable finalement. Moi qui détestais ça ! je finis mes journées épuisée, puant le bouftou ou le wabbit faisandé, mais au moins, je dors comme une souche (sur une souche justement, ça tombe bien^^), et puis j’avoue que ça détend de taper toutes ces pov petites bestioles, ça me change des journées que je passe à courir derrière les enfants.

En parlant de ça, Iokaku va aller à l’école ! C’est une école fondée par Younnie et Iopochocolat, ou Caramel, je sais plus trop^^’. Faudra que je leur demande si les autres peuvent y aller aussi, à l’exception de Véno qui préfère déplumer, et de Tinwë qui préfère cueillir, ça leur ferait du bien aux ptits, et ils apprendraient à bien parler !

Bon, je dois filer !
Vive ma famille !

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Cheshire
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MessageSujet: Re: Les carnets de Cheshire   Lun 2 Oct - 12:50

Ca fait longtemps que je n’ai pas eu le temps de me poser devant mon carnet, de sortir ma plume et d’y écrire quelques mots… semaines chargées, beaucoup de travail avec les Rob, des journées passées entre la chasse, la cordonnerie et la maison des chasseurs, le temps parfois de coller un bisou rapide à mon Xelchou, de câliner les enfants, et c’est reparti.

Pourtant ces dernières semaines ont été chargées. J’ai enfin pu apprendre la cordonnerie, et je m’y suis mise avec tant d’ardeur que je suis déjà aussi ‘douée’ pour ça que pour la chasse. La séance de dons a eu lieue, et bien lieue, dans la joie, la bonne humeur et le presque calme. Amatiah a fait un détour rapide en Amakna, je ne l’ai pas vue, mais elle a pu transmettre ses pouvoirs à Stentor, en attendant une passation plus formelle… résultat, j’ai été nommée secrétaire des Rob. Du coup, j’ai investi dans un organizer en cuir de porkass, très résistant et très pratique, et je passe plus de temps à écrire dedans qu’à écrire dans mon bon vieux carnet de parchemin de bouftous.

Des nouvelles recrues sont venues grossir les rangs des Rob, et quelles recrues ! Mon vieil ami Erkot d’abord, un frère, le souvenir de ma jeunesse en Amakna, d’instants heureux, de longues soirées arrosées à la taverne, de rires, d’émotions en écoutant ses histoires, de jeux… le souvenir de l’époque où j’étais une Fille de la Lune paresseuse, écatastrophe insouciante, jeune fille fêtarde… pffiiiouuu quelle nostalgie… ma vie a parcouru tant de chemins depuis… je n’en suis pas fâchée, non, mais l’arrivée d’Erkot ramène un peu de ma jeunesse. Rides ou pas rides, cette bouffée de fraicheur me fait plaisir. Ensuite, ma Crayounette coquette s’est décidée !! Quel bonheur !! Ma nièce !! je suis si fière d’elle, si fière de ce qu’elle est à mes yeux, ma petite nièce chérie qui a toujours été à mes côtés, qui m’a tant aidé avec les petits, qui m’a toujours soutenu de son sourire… ma famille… ça me fait du bien d’avoir un peu de cette famille là à mes côtés chez les Rob. Une manière de dire que jamais je n’oublierai mes sœurs de la Lune. Deux recrues que je connais bien. Deux recrues que je sais fiable. Les Rob vont mieux, et c’est un soulagement (et beaucoup de bonheur).

Et puis mon mariage… quand j’y pense, je me sens aussi excitée qu’une adolescente face à son premier amour. Il faudra que tout soit parfait tout en restant spontanée… il faudra… il faut d’abord que je fasse quelque chose, quelque chose qui me tient à cœur et qui m’importe énormément avant de me marier, il faut d’abord que je trouve ma mère. Il y a deux jours, j’ai laissé mes enfants à Maymay Iopo, j’ai embrassé mon Xelchou, pris mon sac, et j’ai rejoint ma sœur à l’adresse que m’a donné ma voisine. Je ne parle pas de ses recherches aux autres, j’ai tellement peur de ce qui peut se produire, ou de ce que je peux découvrir : je préfère partir seule et discrètement. Je l’ai vue. Ma sœur ! Je l’ai vue ! Elle a pris un léger coup de vieux, mais elle n’a fondamentalement pas changé : toujours aussi douce, toujours aussi sage, toujours aussi… euh… calme ? Son mari est sympa, le même genre qu’elle, ils ont deux enfants, adorables et très… euh…calmes, ils sont heureux et… ils ont des nouvelles de maman. Elle va bien. Ca m’a rassuré. Elle va bien mais elle m’en veut, elle m’en veut de l’avoir laissé si longtemps sans nouvelle, de ne jamais lui avoir présenté les enfants ni mon mari, de n’être pas revenue d’Amakna comme mes sœurs l’ont fait. Elle m’en veut car apparemment elle a reçu une drôle de lettre de Sam pendant que j’étais en voyage, et que ça l’a beaucoup inquiété, et qu’elle n’avait pas de mes nouvelles…

Ma décision est donc prise : je vais voir ma mère ! Il fallait bien que je trouve du temps, alors j’ai bloqué le week-end prochain… ça tombe sur le mariage de Waiou, ça m’embête beaucoup, mais il faut que je vois ma mère, et si je n’y vais pas maintenant… je ne trouverai plus le temps ensuite. J’ai son adresse. C’est assez loin, mais le programme d’élevage de dindes va débuter cette semaine… ça ira vite !

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MessageSujet: Re: Les carnets de Cheshire   Jeu 5 Oct - 18:16

J’ai passé le plus clair rayon de Lune à essayer de faire tenir tout ce que je voulais emmener dans mon vieux sac. J’ai fini par renoncer.

Je suis là, adossée à mon arbre, mon sac en vrac à mes pieds, l’esprit vide, ou trop plein, le cœur serré, je regarde les enfants qui s’amusent. Ce que j’aime, chez les enfants, c’est que quoiqu’il arrive, quoiqu’il se passe, ils s’amusent, ils rient, ils jouent, insouciants.

Je voulais partir pour un court voyage, mais je suis toujours là, sur mon tapis de mousse, le dos contre mon arbre fétiche, à regarder mes enfants jouer. Je suis toujours là… j’y reste. Je ne peux pas entreprendre ce petit voyage si je ne suis pas sûre et certaine d’en revenir. Si je n’ai pas cette certitude, je ne peux pas partir en laissant mes enfants, mes amis, mon Xelchou, et les Rob, en laissant mes combats inachevés, en laissant mes rêves inaccomplis… Je suis loin d’être sûre de vouloir revenir en Amakna, alors j’y reste. Je ne suis peut être pas très maline, je suis surement l’une des pires écatastrophes du pays, mais j’ai appris de mes erreurs, mon premier départ sans retour certain m’a coûté très cher, et un retour douloureux. Alors ma mère m’attendra, du moins je l’espère.

Depuis quelques temps, je vivais des Lunes calmes et paisibles. Grey avait raison de me dire de me méfier, qu’une phase trouble se préparait. Je suis adossée contre cet arbre, je n’ai pas fermé l’œil de la nuit, je me sens abattue, je n’ai envie de rien… ou presque, mais cette idée ne me réjouit pas plus que le reste. Je déteste les tempêtes MaJiques, tout le monde a beau dire que ça se passera bien, que les dieux sont bienveillants, qu’ils ont pris des mesures pour que cette tempête soit moins douloureuses que les autres… . Au final, cette tempête n’était pas mieux que les autres, cette tempête qui a ouvert un passage sur une zone dangereuse pour une faible écatte comme moi, cette tempête qui nous a permis d’apprendre à capturer des dindes… enfin apprendre… qui a permis à certains d’entre nous d’apprendre, qui a permis une fois des plus aux plus riches et aux plus forts de s’octroyer des avantages qui seront refusés ou inaccessibles aux plus démunis. Une fois encore, les valeurs des Rob sont bafouée, les dieux n’ont d’yeux que pour les guildes puissantes, la guerre des cités, la compétition à qui sera le plus fort et le plus riche… même la course aux Dofus n’intéressent plus personne, ou seulement pour être encore plus fort, encore plus riche, encore plus puissant… les jeunes ne sont pas prêts d’avoir des dindes.

Quant à moi je ne suis pas prête de voir le magnifique enclos que Stentor a réussi à dénicher pour les Rob. Bien placé au centre de Bonta, il m’est purement et simplement inaccessible. Pourquoi ? parce que je suis inscrite dans les registres de Brackmar, tout comme l’ensemble de ma famille depuis des générations, et que la milice bontaise traque sans relâche le moindre brackmarien, sans aucune exception, sans discernement… . Résolument neutre dans l’âme, mes origines m’empêchent de traverser Bonta, m’empêchent de regarder le seul bien tangible que possède ma guilde, et m’empêchent d’employer mes compétences de prêtresse sur les bontais. La guerre fait rage, et elle fait des victimes qu’on ne voit pas toujours. Faire modifier les registres et faire de moi une Amaknéenne officielle coute la royale somme de 300.000k et m’oblige à renoncer à mes compétences de prêtresse. Inutile d’y penser donc, je ne serai jamais assez riche… il n’y a pas que ça, renier mes origines et dénoncer l’enseignement que mon oncle et ma tante m’ont donné à mon arrivée ici me brisent le cœur. Comme si leur départ n’était pas assez douloureux, je devrais me débarrasser du lien le plus étroit qui me liait à eux, du lien qui nous rappelait nos ancêtres communs, juste pour pouvoir évoluer paisiblement et comme bon me semble dans ce monde où la corruption règne (300 000kamas pour une petite écriture !) et la xénophobie fait rage (les milices sont plus agressives que jamais, et se postent à l’entrée même de la ville, qu’y faire ?) ? Où est la tolérance ?
Je savais que dans mes actions de Rob, il y aurait des jours de découragement. Des jours, des nuits, des Lunes. Mon seul réconfort est de voir que je ne suis pas seule à ressentir cette écœurement, les Rob ne sont pas seuls à être en colère, ou abattus.

Ma vie est un ruisseau, l’eau coule sans cesse, sans espoir de retour en arrière, mais même s’il y a des choses pour lesquelles je ne peux rien, je peux me battre pour ne pas laisser le ruisseau s’enliser.

Je n’ai jamais été aussi près de l’enlisement. Je n’ai jamais eu autant envie de partir (du moins, dans mes souvenirs). Mais je reste.

Ne dit on pas que les petits ruisseaux font les grandes rivières ?

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MessageSujet: Re: Les carnets de Cheshire   Lun 23 Oct - 2:18

Ecriture tremblottante

Pas eu le temps d'écrire au temple éni... pourtant... je devrais... tant de choses... ou pas... je... peux... même... pas les écrire...

Le Carnet s'arrête pas, les pages sont ondulées, comme si elles avaient été mouillées par quelque chose, et dégagent une forte odeur de rhum fourbe.

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MessageSujet: Re: Les carnets de Cheshire   Lun 23 Oct - 12:15

Dessiné sur la page suivante, le phare de Madestram sous la pleine Lune, et un Ecatte assise et souriante...
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MessageSujet: Re: Les carnets de Cheshire   Sam 4 Nov - 6:18

Il y a bien longtemps que je n’ai pas ouvert mon carnet. Bien trop longtemps. Trop de temps passer à broyer du noir, trop de temps à contempler la mer, trop de temps à chercher et à boire du rhum, trop de temps perdu à tuer le temps, en espérant trop souvent que c’est lui qui me tuera.

Trop de temps que j’oublie que ce carnet est mon meilleur allié, que ce carnet m’a déjà sauvée, qu’il m’a déjà apaisée, consolée, rassurée. Trop de temps que j’oublie que mon carnet est le cadeau le plus fantastique que m’ait fait ma mère.

Trop de temps perdu, tant de choses à dire. Trop de choses non dites. Trop de choses cachées, trop de chose tues parce que je savais que mes amis et même des inconnus parcourraient ses lignes. Trop de choses que je retenais parce que je ne voulais pas les voir, pas les comprendre, pas les admettre. Trop de choses qui doivent sortir, question de survie.

Voilà mon petit carnet, délaissé, abîmé, autant imbibé de rhum que je le suis. Enfin j’écris ses lignes en étant sobre, le seul liquide qui coule sort de mes yeux et vient mouiller mes joues. Il est temps que tout ça cesse, il est temps que je sauve ce qui reste de moi. Ou du moins que j’essaie.

Je crois qu’il est temps aussi que je comprenne. Pourquoi? Pourquoi tout ça? Pourquoi j’en suis arrivée là, pourquoi je ressens ça, pourquoi j’ai pris cette route, qu’est-ce qui a guidé mes pas. Cette question a été au centre de toutes mes réflexions récentes, elle a concentré toute l’énergie que j’ai dépensé. J’ai voyagé, envoyé des lettres, j’ai relu et encore relu mes carnets, rassemblé les morceaux de mes souvenirs, je les ai recoupés, remâchés, ressassés, analysés, triturés… autopsiés presque. J’ai passé des nuits et des jours au phare et ailleurs à trouver des réponses à mes questions. Je crois en avoir pas mal aujourd’hui, mais tant que je ne les aurais pas écrites, je ne pourrais les accepter.

Tout ce travail a commencé un soir où j’avais confié mes enfants à une personne raisonnable et saine d’esprit, et que j’ai profité de mon temps libre pour descendre tout ce que j’avais d’alcoolisés dans ma besace. Je me suis endormie comme une soularde et je me suis réveillée tremblotante. Je venais de faire un rêve… plutôt un cauchemar, enfin une vision familière, trop familière. Il faisait sombre et humide, j’étais allongée sur le sol boueux, deux ombres me surplombaient et ricanaient A côté de moi, gisait dans une marre de sang Liete, mon amie la plus chère. Les ombres tenaient Sam et riaient, elles agitaient leurs épées et leurs dagues. J’étais à terre, je les suppliais de le laisser en vie, mais les ombres riaient toujours. J’ai voulu bouger mais quelque chose m’empêchait. Et puis l’épée, ou la dague, est tombée, et toujours ce rire.

Ce rêve a hanté cette nuit au phare. Il a hanté tant de nuits avant. Il me terrifie. Mais il n’est plus question de fuir aujourd‘hui, il est juste question de comprendre. Comprendre pourquoi je le fais, comprendre ce qu’il signifie. Comprendre pourquoi je l’ai fuit au lieu de le combattre. Le combattre.

J’ai relu mes carnets, du premier au dernier. Je me suis replongée dans mes souvenirs d’enfance, j’ai repris contacts avec mes sœurs. J’ai pu leur parler depuis le haut de la montagne. J’ai réfléchi. J’ai re-relu mes carnets, rediscuté avec mes sœurs, parlé avec ma mère.

C’est de ma sœur aînée que le premier maillon est venu. Elle m’a parlé d’un événement dont je ne me souviens plus, enfin dont je ne me souvenais plus. C’était juste avant le départ de mon père. Entre la séparation de mes parents et son départ en fait. Une journée pluvieuse qu'on avait passé dans la maison, mais je tournais en rond, et quand la nuit fut venue, ma mère me croyant couchée, j’ai échappé à sa surveillance et je suis sortie me promener avec ma peluche préférée, un poupée que je considérais comme ma meilleure amie. La pluie avait cessé mais l’atmosphère était encore chargée d’humidité. Je profitais de l’air frais du soir dans le jardin quand j’ai entendu des voix. Mes parents. Je me suis tapie dans l’herbe humide et j’ai regardé la scène.

Ma mère se tenait là, debout dans l’ombre: mon père la suppliait de lui laisser une chance de sauver leur couple. Il pleurait. Je pleurais avec lui, et je suppliais de tout mon être que ma mère accepte. Elle regardait mon père et riait. Elle riait! Il pleurait, il s’est agenouillé devant elle, il lui demandait de le faire pour les enfants, leurs enfants. Il lui demandait de le faire pour moi, la petite dernière, qui était encore si jeune, pour moi, sa fille. Elle a rit une fois de plus. A ce moment j’ai voulu hurler, supplier ma mère, mais les mots restaient coincés dans ma gorge serrée. Pour me réconforter, j’ai cherché ma peluche, mais dans ma distraction, je l’avais lâchée et elle flottait dans une marre de boue, comme un pantin disloqué. Je regardais toujours la scène, tétanisée, incapable de prononcer un mot, et c’est à ce moment… ma mère… mon père lui parlait encore de moi, quand ma mère l’a sèchement coupé d’une phrase, tranchante comme la lame de la plus aiguisée des razielles. « ta plus jeune fille? Tu ne t’es jamais demandé pourquoi c’est une écatte? ».

Je suis incapable de me souvenir de la suite. Le lendemain ma sœur m’a trouvée endormie dans la boue. Elle m’a ramenée à la maison, lavée à grandes eaux et mise au lit. C’est tout ce qu’elle sait de cet événement, car je n’ai jamais parlé de ce que j’ai vu ce soir là. Je n’en ai jamais parlé parce que je ne m’en souvenais plus jusque très récemment. C’est pourtant la dernière fois que j’ai vu mon père.

Mon père est parti parce que je ne suis pas sa fille. Mon père a définitivement quitté sa famille, ses filles, mes sœurs, à cause de moi.

Pas étonnant que je refusais de me souvenir de cela.

(à suivre^^)

(insomnie powwaaaaa)

(Catedit: je viens de compiler tous les carnets de Ches dans un doc word et ça fait... 30 pages... ouch^^)

(Scaraedit : deux choses
1-j'aime bien ce qui ressort de tes insomnies ^^
2-ca nous fait trente pages de pur bonheur... enfin, pour le lecteur, en tout cas ^^)

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MessageSujet: Re: Les carnets de Cheshire   Mer 8 Nov - 4:30

Oulàlà… l’a failli tomber dans l’eau c’ui-là! Je l’ai rattrapé juste à temps, c’était mon carnet ou le pandapils, tant pis pour le pandapils. J’en ai d’autres.

Du coup, j’l’ai dans la main, j’vais y écrire quelques mots. Je m’étais promise de continuer mes confessions mais bon… c’soir c’est être pas le soir… chuis déjà trop ivre, si en plus j’me fais du mal, je risque de plonger sans prendre ma respiration, ça serait pas très très prudent. Remarque, ça serait une mort écatastrophique ça: noyée parce qu’elle a oubliée de prendre sa respiration! Mourf.

Enfin bon, ne parlons plus de ça, j’vais encore faire des tas d’inquiets alors que y’a aucune raison de s’inquiéter. J’progresse bien, je fais mon cheminement personnel, j’avance sur la voie de… euh… du… enfin ma voie. C’est juste… (gros patés)…

Ah tiens quelle joyeuse surprise ce soir, j’émerge dans un brouillard enivré, enfin embué, et qui j’entends? Amaaaaaaaaaaaaa!! AMMMMMMMAAA!!! Ama était là! Une bonne nouvelle qu’on attendait depuis si longtemps! C’est génial! Juste quand je commençais à être réellement très inquiète pour Grey, voilà que Mamacheffe nous revient. C’était super, on a fait une petite fête dans la pure tradition Nord, on a fait des câlins, bu du thé, fait une baston général (dans laquelle mon fils et moi on a montré des trésors de nullité stratégiques, d’ailleurs).

Enfin voilà, c’était le bonheur général, les rires, la joie, l’effusion… c’était… génial… les retours… c’est vraiment génial… génial… franchement voir tous ces gens si heureux ça m’a…

… j’voulais pas donner l’impression d’une sale égoïste jalouse du bonheur des autres et qui ne voudrait qu’on s’intéresse qu’à ses problèmes alors je me suis éclipsée discrètement. Je voulais pas être triste devant les autres. Juste parce que mon âme est remplie de la joie du retour d’Ama, mais que mes yeux pleurent toute l’absence… mes yeux pleurent de ne pas arriver à participer pleinement à cette joie commune.

Mes yeux pleurent le fait que mon cœur perdu soit incapable de savourer pleinement le bonheur si simple de retrouver une amie partie depuis si longtemps et le réconfortant sourire qui s’était envolé avec.

Demain je ferai un compte-rendu du retour d’Amatiah… c’est-à-dire… je suis au repaire de l’Ombre et il est vide, un mot de Tsuba nous demande de nous réunir au Nord, sauf que je n’ai pas la clé… j’espère que je ne l’ai pas égarée… demain quand j’aurais retrouvé mes esprits et ma clé, je ferai ce compte-rendu.

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MessageSujet: Re: Les carnets de Cheshire   Lun 13 Nov - 18:44

Bon.

Après ces quelques jours mouvementés, il est temps que je reprenne mes esprits! Je m’étais promise d’écrire tout ce que j’avais sur le cœur dans mon ptit carnet, et voilà ti pas que tant de choses s’y sont ajoutés, et qu’en définitive j’ai un peu perdu le fil de ma pensée.

Je vais donc profiter de ce moment paisible de la journée, de la douceur du soleil et du sommeil d’à peu près tous les gens que je connais pour reprendre où j’en étais, c’est-à-dire non au retour de notre Mamacheffe adorée, mais à mon père, ma mère, ma famille et tout ce bazar autour de ma naissance.

Après que ma sœur m’a rappelé cette histoire et que le douloureux souvenir de cette soirée m’est revenu tel un cauchemar, j’ai cherché à joindre ma mère pour en savoir plus. D’abord pour faire la part entre le cauchemar et la réalité, ensuite pour connaître la vérité sur mon père et sur les… hmm fréquentations de ma mère.

J’ai donc une fois de plus laissé les enfants à une personne de confiance (pourtant les collants c’est pas bon pour la crédibilité) et je me suis rendue en haut du massif de Cania pour tenter de joindre ma mère via les ondes télépathiques longues portées. Il nous a fallu du temps et la communication était très mauvaise, m’enfin j’ai réussi à lui parler.

J’en avais envie de pleurer tellement ça faisait longtemps que je n’avais pas entendu sa voix, alors qu’avant ma fuite précipité d’Amakna, je lui parlais au moins une fois par semaine, depuis mon retour, je n’avais absolument plus de nouvelles. Elle va bien, elle s’est remariée avec un gars, ils vivent sur un île à l’ouest d’Amakna et ils y sont très heureux… tant mieux.

Je ne savais pas trop comment aborder le sujet, mais apparemment ma sœur lui a parlé, parce que c’est elle qui a finalement commencé. Elle m’a demandé ce que j’avais vu ce soir là, alors je lui ai raconté, enfin j’ai essayé car les mots restaient coincés dans ma gorge. Je lui ai demandé si ça c’était vraiment passé comme ça, et la seule chose qu’elle a trouvé à me répondre c’est « c’est du passé ma puce ». Super. Ça me console vraiment de savoir que c’est du passé alors que ce passé a peut être une légère tendance à peser sur mon présent. J’ai insisté. Lourdement. Je me suis énervée. Ma mère aussi. Le ton a monté, et finalement j’ai explosé, j’ai hurlé:

«DIS MOI QUI C’EST!»

Ma mère a répondu sur un ton innocent « qui c‘est, qui? » ce qui a eu le don de me mettre encore plus hors de moi (je n’aurais pas cru que c’était possible, mais si). J’ai continué d’hurler mentalement que je voulais savoir qui était mon père, et je suis devenue incapable de contrôler mes pensées, comme si j’avais besoin de noyer ma mère sous toute ma colère, mon aigreur et mon amertume. Il y a eu un long silence puis ma mère a dit qu’elle n’était pas responsable de mes problèmes actuels, qu’elle m’avait prévenue que j’étais trop fragile pour m’éloigner d’elle, que si j’étais restée, j’irai bien, etc. bref tout un tas d’inepties qui ne répondaient pas à mes questions.

Finalement, j’ai essayé de reprendre mes esprits et j’ai reposé calmement la question, mais la seule réponse que j’ai eu c’est « mais c’est du passé, ma puce, pourquoi tu t’embêtes avec ça. Ton père est celui qui t’as élevé, et le reste n’a aucune importance ».

Aucune importance. Mon père est celui qui m’a élevé jusqu’à mes 10 ans, puis qui est parti en apprenant que c’était pas mon père, c’est vrai que ça n’a « aucune importance ». Ca n’a aucune importance que tous les hommes de ma vie sont partis voir ailleurs… c’est vrai, quelle importance si un jour mes propres fils me fuient, comme les autres?

Sur cette réponse de ma mère, j’ai abandonné, je suis redescendue de la montagne, je me suis posée au phare, et j’ai fini toutes mes réserves de provision moonesque. Ça n’arrangera pas mes problèmes, mais ça réchauffe mon corps.

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MessageSujet: Re: Les carnets de Cheshire   Mar 14 Nov - 4:02

C’est bizarre de trouver une écatte assise exactement à ma place préférée, au phare, là ou j’écris habituellement avec pour seule compagnie les crabes et les poissons. Après discussions, l’écatte en question s’est révélée être Cathie, une amie de Grey, une amie d’Alison, bref une amie d’amis. Rencontre intéressante mais pas très productive pour mon carnet. J’ai envie d’avancer, avancer et avancer encore. Je sens que même si je souffre de repenser à tout ça, je me sens mieux aussi, j’arrive mieux à réfléchir en écrivant.

J’étais furieuse contre ma mère, je me suis mise minable quelques jours, et puis j’ai repris le dessus, repris mes activités et surtout repris le cours de mes pensées. Je ne sais pas qui est mon père, mais j’en sais plus sur moi. C’est déjà ça non?

Au final, voilà vers quoi mes pensées se sont tournées: mon père est parti quand j’avais 10 ans, ensuite mon oncle a failli partir ce qui m’a fait réalisé à quel point voir partir les hommes que j’aime me terrorisait. J’ai bien relu mes vieux carnets. J’étais terrorisée par l’idée que mon oncle parte, alors quelle genre de terreur le départ de Sam pouvait faire naître en moi? Peu avant mon départ, j’écrivais qu’on se disputait, qu’il tournait autour d’une autre, qu’on n’arrivait pas à résoudre nos problèmes, que j’étais dépassée par les enfants et qu’il s’en occupait à peine. Est-ce que j’étais terrorisée au point d’avoir voulu prendre le devant sur ce que je croyais être une fatalité, de fuir avant de voir l’homme que j’aimais partir?

Je ne sais pas. Mon père est parti, Sam est parti, mon oncle est parti, Xel est parti… les hommes me fuient, ma terreur reste, je me demande quel genre de confiance je peux avoir en moi après tout ça.

En tout cas, il est possible que j’ai fui la peur de perdre Sam, mais cette fuite a eu les mêmes conséquences que le mal. Je veux bien croire que j’étais pas dans mon état normal, mais quand même: fuir pour précipiter ma chute, ça me parait pas malin, même pour moi. Je suis partie en laissant mes enfants, en les laissant, mais pourquoi? POURQUOI? J’peux pas accuser ma mère d’être responsable de mon départ, de l’abandon de mes enfants.

Si je ne peux pas accuser ma mère, qu’en est-il de mon père? Je ne pourrais répondre à cette question qu'en le trouvant.

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MessageSujet: Re: Les carnets de Cheshire   Ven 17 Nov - 22:13

J’ai décidé d’en avoir le cœur net. Je saurais, quoiqu’en pense ma mère, je saurais qui est mon père ou du moins je trouverai bien des indices. C’est décidé, je vais voir ma mère, en face à face, reprendre la discussion où on l’a laissée, et la tanner jusqu’à ce que j’en sache plus. Après tout, c’est avec cette méthode qu’elle a fini par me permettre d’aller en Amakna.

J’ai bien retourné le problème, et je ne vois pas d’autres solutions. Si je n’en sais pas plus, je retournerais à Emlac poser des questions, mais dans un village comme celui-ci, les questions sont assez mal venues. Je dois savoir où est mon père, enfin mes pères. Je dois les trouver, je dois connaître la vérité, sinon comment je pourrais protéger mes enfants, comment je pourrais anticiper leur futur si je ne connais pas leurs racines? Je me souviens que mes terreurs ont commencé avec ma grossesse, y’a-t-il quelque chose au fond de moi qui pressentait que les enfants étaient en danger? J’en sais rien. Il y a tant de questions dont je ne connais pas les réponses, tant de choses que je veux savoir…

Grey, Crâ, Tsu… autant de gens qui veulent m’aider à résoudre mes problèmes, et si leur démarche me touche beaucoup, je doute qu’elle soit efficace. Une seule personne peut m’aider: moi. En fait cette solution m’est apparue comme évidente quand j’ai conseillé à quelque un qui m’est cher de ne pas se poser trop de questions, mais juste les bonnes. Celles qui mènent au bonheur, et au diable les autres. Je me sentirai mieux quand j’en saurai plus sur moi et que je serai rassurée pour les enfants.

En parlant des enfants, je vais les emmener avec moi. Ça leur fera du bien de voir leur grand-mère et ma mère arrêtera de me reprocher de ne jamais les voir.

Il me reste quelques affaires à rassembler… en route!
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Au dessus du carnet était épinglé un petit parchemin:
Citation :

Chers Rob,
Je dois partir quelques jours voir ma mère et trouver certaines réponses à mes questions. J’espère que ce voyage sera court, sans incidents et fructueux. J’emmène avec moi mes enfants, sauf Ioka qui m’a fait un caprice épouvantable et Venora qui préfère rester avec son père (j’ai pas insisté, elle est plus forte que moi la ptite^^). Prenez soin d’eux, ne vous en faites pas pour moi et à bientôt.

Que la Lune vous garde et qu’elle guide vos pas… et les miens aussi j’espère.

Ches

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MessageSujet: Re: Les carnets de Cheshire   Mer 22 Nov - 19:32

Premier jour de voyage

La route a été longue et assez pénible. Pas assez de kamas pour me payer une monture. Les enfants fatiguent vite et je ne peux les porter tous les 4. Heureusement Tinwë a été super, en bon « grand » frère, il s’est occupé de Chacaline quand elle pleurait.

J’ai marché une grande partie de la journée et toute la nuit et je suis arrivée de bon matin à Irba, le village où habite désormais ma mère. J’avais pris le parti de ne pas la prévenir de mon arrivée, je voulais être sûre de trouver quelque un, qu’elle ne me fuit pas. Un vieux sage à la fontaine m’a indiqué sa maison, et c’est les jambes tremblantes que j’ai frappé à sa part.

Son mari m’a ouvert, je ne l’ai jamais vu, il ne m’a jamais vu, et apparemment, j’avais l’air si miséreuse et si crasseuse qu’il a refermé la porte de suite en marmonnant un « désolé, on donne pas aux mendiants » pas très aimable. J’ai refrappé mais il ne voulait pas m’ouvrir. J’ai insisté. En vain. Essayer de télépather ma mère, pas moyen (apparemment ce n’est pas les mêmes ondes qu’en Amakna ou même qu ‘à Emlac). Finalement, je suis restée derrière la porte et sans me démonter, j’ai hurlé: « Maman! Ouvre-moi! C’est Cheshire » . J’ai entendu des pas précipités derrière la porte, un marmonnement mécontent du monsieur, la porte qui s’ouvre sur le visage souriant de ma mère, et je n’ai même pas pu ouvrir la bouche qu’elle me serrait déjà dans ses bras. Je ne m’attendais pas à des retrouvailles si chaleureuses, j’étais épuisée et affamée, tout ce que j’ai trouvé à faire à cet instant a été de fondre en larmes dans les bras de ma mère. J’ai eu la fugitive mais réconfortante impression de retomber dans une insouciante enfance.

Après que ma mère nous a aidé à nous débarbouiller et nous a fait un copieux petit déjeuner, j’ai pu discuter plus calmement avec elle. Dans un premier temps, on a surtout parlé des enfants, je lui ai parlé des deux que j’avais laissé en Amakna, je lui ai parlé de ma vie là-bas, des Rob, de ce que nous faisions, de mes amis… elle paraissait fière de moi, elle ne disait rien à cause de son mari qui marmonnait toujours dans son coin, mais ces yeux brillaient de joie, et je n’avais rien vu de plus réconfortant depuis… être que ce n’est pas utile de me rappeler la dernière fois que j’ai vu quelques chose d’aussi réconfortant, en plus ça me donne envie de manger des kralamours.

J’ai ensuite voulu aborder le sujet pour lequel j’étais venue, mais j’ai vu ma mère se renfermer brusquement, tandis que son mari jetait sur moi un regard peu avenant. Quelque chose fait que cet homme ne veut pas qu’on parle de ça, mais quoi? De toutes évidences, ce n’était pas la peine d’insister. La conversation est donc retournée aux enfants et ma mère a beaucoup joué avec eux, jusqu’à ce que vienne l’heure de les coucher. Une fois les enfants couchés, nous avons dîné tous les trois dans un silence pesant puis l’homme est allé s’installer près de la cheminée. C’est le moment qu’a trouvé ma mère pour me demander si je ne voyais pas un problème avec les enfants. Mon sang n’a fait qu’un tour et j’ai vite rué dans les brancards. MES ENFANTS VONT TRES BIEN. ILS SONT TRES BIEN! Ma mère dit que Tinwë a un développement normal pour son âge, mais que les autres sont en retard, qu’ils dorment trop, qu’ils parlent à peine, qu’ils sont très faibles… elle pense que j’ai trop d’enfants pour pouvoir stimuler leur croissance correctement. J’ai fait la sourde oreille. Ils vont bien, ils sont juste calmes et euuh… paresseux comme leur mère.

Finalement, j’étais agacée, je suis montée me coucher dans le lit que m’a préparé ma mère sous les combles. On verra demain si je peux obtenir les informations que je suis venue cherchée, en attendant mes yeux peinent à me relire.


(hrp: Ches est rentrée et son carnet est rentré avec elle... en théorie donc, tout son voyage devrait figurer dans le carnet, mais j'entretiens le suspense... ça occupera Grey plusieurs jours^^)
(scaraedit : oh la fourbesse !!!)

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MessageSujet: Re: Les carnets de Cheshire   Ven 24 Nov - 13:20

Deuxième jour de voyage

Drôle de journée. Me voilà de nouveau en voyage, et je commence à être épuisée de marcher comme ça!

Je me suis réveillée relativement tard et j’ai eu la bonne surprise de trouver le nouveau mari de ma mère en train de jouer avec les enfants, visiblement ravis. Ce type est très froid et ronchon avec moi, mais il a l’air d’adorer les enfants… tant mieux. Finalement, les enfants avaient envie de prendre l’air, et ils sont partis tous les 5 à travers les champs.

Les premiers instants en tête à tête avec ma mère ont été plutôt silencieux… je ne savais pas comment brisé ce silence pesant, ni par où ré-aborder le sujet douloureux qui m’a conduite ici. J’ai fait au plus simple, je lui ai demandé une fois de plus de me dire d’où je viens. Une fois de plus, j’ai eu un soupire exaspéré comme réponse. J’ai insisté. Elle s’est braquée. J’allais hausser le ton quand je me suis souvenue que ce n’était pas la bonne stratégie.

En définitive, je lui ai tout raconté. Tout. Tout ce pour quoi je voulais savoir et comprendre, mes cauchemars, mes angoisses, ma fuite, mon retour plutôt pénible, mon divorce, mes regrets… mes peurs pour les enfants… mes méditations arhumatisées… mon mal être… mon besoin de comprendre, pour garder la tête hors de l’eau, essayer de ne pas couler plus que je ne coule… savoir qui je suis, pourquoi je suis née, comment, où sont mes pères, qui est mon géniteur, savoir d’où vient ce qui ne ressemble en rien à mes sœurs, savoir… comprendre. Elle pleurait. Moi aussi d’ailleurs. C’est étrange et douloureux de voir sa mère pleurer, cette personne qu’on finit par croire invulnérable, intouchable… elle pleurait doucement et elle s’est mise à parler.

le récit de Maman a écrit:

Je n’étais qu’une enfant comme toi ma chérie… j’ai grandi à Emlac, j’aimais rire, courir dans les champs, faire des bêtises et me battre avec les garçons. Je n’allais pas à l’école, les jeunes filles de mon temps devaient aider leur mère à la maison… très souvent j’échappais à la surveillance de ma mère pour aller embêter les dindes du voisin ou faire une autre farce de ce genre. Très vite, j’ai eu mauvaise réputation dans le village, la jeune fille qui ne voulait pas se ranger, celle qui voulait être différente… c’est pour ça que mes parents ont décidé de me marier rapidement… Zoar ne venait pas d’Emlac, c’était un crâ calme et posé, bien plus vieux que moi, qui n’aspirait qu’à fonder une famille heureuse et à prendre soin… exactement celui qu’il me fallait selon mes parents… nous nous sommes mariés, et crois-le ou non, mais je l’aimais, je l’aimais, pas autant qu’il m’aimait non, mais je l’aimais quand même. Tes sœurs sont nées, j’étais une maman heureuse, avec un bon mari, des enfants adorables et sages, une petite maison bien tenue, une petite vie rangée… tout avait l’air si parfait. Et pourtant l’ennui me rongeait. Souvent quand les filles étaient à l’école et ton père dans le champs, je m’asseyais à la fenêtre et je laissais mon esprit s’évader, puisque mon corps était condamné à rester à Emlac. Ces rêves me faisaient autant de bien que de mal, il permettait au temps de passer plus vite, mais il rendait l’ennui du quotidien encore plus insupportable.

Un jour, une garnison faisant route vers le nord a décidé de s’accorder quelques jours de repos à l’auberge d’Emlac. Jamais le village n’avait connu une telle animation. Tous les habitants s’affairaient pour recevoir comme il se doit les militaires. Je m’étais portée volontaire pour renouveler leur stock de potions et j’ai passée des journées dans les champs à cueillir des fleurs, surexcitée à l’idée de voir les militaires, de leur parler, de les écouter raconter leurs voyages et leurs batailles… J’ai terminé un incroyable stock de potions assez rapidement et c’est les yeux brillants et le cœur battant que je les ai portées au chef de la garnison. C’est là que je l’ai rencontré. Il se tenait derrière son chef; bien droit dans son uniforme de milicien, l’air fier, les bras croisés sur son torse, imperturbable. Les larges ailes qui se déployaient dans son dos témoignaient de sa puissance de combattant. Il avait l’air si froid, si dur, si invulnérable… et pourtant, au moment ou je confiais mon chargement à son chef, il m’a regardé et il m’a souri… je crois que je suis devenue toute rouge, comme une adolescente.

Je suis ressortie de l’auberge dans un état second. Mon cœur battait la chamade, mes mains tremblaient, mes lèvres étaient incapables de former le moindre mot. J’avais envie tout à la fois de rire et de pleurer, de courir et de m’effondrer… ce sourire… ce regard… cette fierté… Je ne sais pas combien de temps je suis restée assise sur une pierre près de l’auberge mais je m’en suis relevée quand une voix grave mais douce m’a demandé, un sourire dans la voix, si j’avais perdu mon chemin dans mon propre village. J’ai levé les yeux vers la voix et c’était lui… il avait quitté son uniforme et les seules insignes de Brakmar qu’il portait encore étaient ses ailes rouges… il m’a souri une fois de plus… m’a tendu la main… m’a emmenée… je l’ai suivi… on s’est aimé… on se retrouvait chaque fois que je pouvais échapper à la surveillance de Zoar… il me racontait ses voyages, ses batailles, on riait. Je rêvais d’une autre vie, pleine de batailles, d’événements imprévisibles, de rires, de larmes… j’étais heureuse… tellement heureuse.

La garnison est repartie et lui avec. Il ne pouvait pas m’emmener et je ne pouvais pas abandonner mes filles. Tu es née. Tu lui ressembles tellement que je n’ai jamais douté de sa paternité… le même poil gris… le même regard fier… le même sourire… après ça, j’ai repris ma vie sage et rangée, mais plus rien n’était comme avant. Mon ennui s’est transformé en souffrance, mes rêves se sont brisés, je perdais ma joie de vivre mais j’essayais de faire bonne figure. Je ne pouvais plus supporter que Zoar soit là, qu’il me touche, je souffrais d’être incapable de l’aimer alors qu’il était si bon… ma seule joie, c’était de te voir sourire, car je revoyais son sourire…

J’étais bouche bée. Je regardais ma mère essuyer ses larmes, incapable de décider de ce que je devais faire. Plusieurs questions s’entrechoquaient dans ma tête, plusieurs pensées aussi et quelques peurs. Et un leitmotiv: si mon père génétique fait partie de la milice de Brakmar, il n’est pas loin d’où je vis.

Le cœur battant, j’ai demandé à ma mère son nom. Elle murmura dans un sanglot qu’elle l’ignorait, que son surnom était l’As, que tout le monde l’appelait comme ça. Je lui ai demandée ou je pourrais le trouver, mais elle l’ignore… il y a eu un long silence, et ma mère a finalement avoué qu’en partant, il lui avait laissé un cadeau… une amulette qu’on lui avait offert pour le récompenser de ces exploits. Je m’attendais à ce que ma mère se lève pour me montrer l’amulette en question, mais à la place, elle a soupiré et murmuré un truc inaudible… et après quelques efforts, j’ai compris que l’amulette en question était restée à Emlac, enterrée dans le jardin.

Ma décision a été rapide. J’ai refait mon sac, attendu le retour des enfants, je leur ai fait un gros bisou, Uéué n’a pas voulu que je parte sans lui, alors je l’ai pris avec moi, laissant les autres aux bons soin de ma mère.

Me voilà arrivée à Emlac. La nuit est déjà tombée, je chercherai demain.

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MessageSujet: Re: Les carnets de Cheshire   Sam 25 Nov - 5:24

Troisième et quatrième journées de voyage

Pas le temps d’écrire hier soir. Pas le temps, pas le courage, pas la force… pas la motivation non plus. Drôle de journée, pleine de souvenirs d’enfance, de vieilles peluches que j’ai tant chéris étant enfant, pleine des poussières éparses de mon passé… étrange sensation que de rechercher où on a commencé alors qu’on le sait déjà. J’ai commencé ma vie là bas, à Emlac, et j’y retrouve pour chercher des traces de mes origines… chercher des secrets dans un lieu dont je connais chaque recoin…

Notre maison était toujours là, inchangée, telle qu’elle l’a toujours été, petite, robuste, accueillante… mais vide. Quand j’y suis entrée, une bouffée de nostalgie m’a envahie: cette odeur de fleurs coupées, cette table ou partageait nos repas, le foyer dont le feu nous réchauffait l’hiver… ça n’avait pas changé. En montant à l’étage, j’ai retrouvé mon lit et je me suis effondrée dessus avec délectation, malgré l’épaisse couche de poussière qui a volé sous mon poids. J’ai serré Tinwë contre moi et on a dormi d’un sommeil profond, sans rêve, pressée d’être au lendemain, en forme pour mes recherches.

Les indications de ma mère étaient très imprécises et j’ai passé une grosse grosse partie de la journée à inspecter chaque recoin du jardin, sans succès. Je me voyais mal retourner toute la terre mais Tinwë, qui adore farfouiller dans les plantes et dans les herbes s’en donnait à cœur joie. Il est tellement touchant, cette ardeur qu’il a au travail, et l’innocence avec laquelle il accomplit n’importe quelle tâche qu’on lui donne. C’est quand on allait renoncer qu’il l’a trouvée. Une petite boite en fer blanc, rien d’exceptionnel, à peine enterrée sous un massif de fleurs de lins roses (à Emlac le lin est rose)… il me l’a apportée avec un sourire qui m’a serré le cœur, comme si il avait trouvé un blé d’or. Je lui ai fait un gros câlin, on est rentré épuisés, on a dévoré un reste de pains aux noisettes made in Waiou que j’avais emmené avec moi puis je l’ai couché. Ensuite, fébrile, j’ai ouvert la boite…

… au final c’est assez décevant.. Il y a là les carnets de ma mère, que j’ai parcouru rapidement, mais que je lirais attentivement plus tard, des vieilles Fo-Thos de mes grands-parents, des souvenirs de jeune fille, quelques ailes de poskitoes, des fleurs séchées, un livre élémentaire d’alchimie… et puis en dessous, je l’ai trouvée. L’amulette. Rien d’extraordinaire non plus, un simple médaillon en or, portant les armoiries de Brakmar… au dos, une date était indiquée, quelques années avant ma naissance, et en dessous, une phrase trop petite pour être lisible et dont je n’ai déchiffré qu’un mot « roublard ». J’ai frissonné. Fermé les yeux. Les ai réouverts, ai retenté de déchiffrer la phrase, sans succès. Finalement, ça m’en apprend bien peu sur mon géniteur… j’ai brusquement repensé à ce que disait Sam sur son père, au comportement de Venora… j’ai frissonné encore alors que l’angoisse me serrait l’estomac. Je ne sais pas combien d’heures je suis restée, un peu hébétée, à penser à mon père, à ma fille, à son père et à ce que l’avenir nous réservait.

Quand je me suis réveillée, j’avais la trace de la boite incrustée dans la joue et le soleil se levait tout juste. A l’étage, Tinwë dormait encore. A son réveil, on est allé visiter le village, je lui ai montrée où j’ai grandi, mon école, la place ou j’aimais jouer… il souriait béatement et cueillait plein de fleurs, heureux de ne trouver aucun bulbilin caché dans les massifs.

Dans l’après-midi, je suis allée discuter avec ma vieille voisine. Elle se souvenait du passage de la garnison brakmarienne mais ne savait rien sur un éca gris… je n’étais pas surprise, si elle avait su que ma mère avait eu cette liaison, tout le village l’aurait su avec elle.

Je suis heureuse de retrouver Emlac, même si tout ce que j’y ai retrouvé me ramène à Brakmar… Amakna… là d’où je suis partie. C’est une idée un ptit peu désespérante.

(hrp: petit jeu pour les lecteurs, je viens de me rendre compte que j’m’étais trompée et que deux indications figurant sur deux pages différentes des carnets de Ches sont incompatibles et incohérentes… lesquelles?^^)
Scaraedit : si j'me rappelle bien, il fait super chaud a Emlac, et les fleurs y sont rares ? mmm... chui pas sûr, non plus ^^'
Ches: nop, y'a toujours eu des fleurs à Emlac^^ c'est pas ça, c'est une incohérence plus... récente et ça a un rapport avec le voyage de Ches Wink

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MessageSujet: Re: Les carnets de Cheshire   Lun 27 Nov - 11:08

J’écris? J’écris pas? J’écris? J’écris pas?

Oh pis j’écris pas tien. De toutes façons, depuis mon retour, j’ai pas eu le temps d’avancer dans mes recherches… la cordonnerie ça prend du temps…

En portant un peu d’attention au carnet, le lecteur pourra remarquer, coincée entre les pages, la présence d’une fine poudre blanche.

(j'précise quand même que la poudre a rien à voir avec une quelconque substance addictive!

J’espère que Grey est pas trop frusté de ma page du jour, gnark gnark gnark!)

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MessageSujet: Re: Les carnets de Cheshire   Ven 1 Déc - 11:07

Pffiou!

En ce moment, je ne suis pas d’humeur à écrire. Ptêtre que je ne sais tout simplement pas quoi écrire. Je ne vais pas bien. Je ne vais pas mal. Rien d’exceptionnel à signaler. Ce week-end, je suis retournée chez ma mère récupérer les enfants et discuter un peu du médaillon, mais elle avait bien peu à m’en apprendre et vu la banalité de l’objet, je ne vois pas ce qu’il pourra m’apporter…

… je l’ai rangé précieusement et j’essaie de concentrer mes efforts sur autre chose, les enfants, la cordonnerie et l’entraînement que je pratique en ce moment sans relâche. Je crois que mon corps a besoin de bouger, de se fatiguer, de se renforcer et même de souffrir. Quand enfin mon corps est trop fatigué pour travailler encore et encore, mon esprit s’ouvre plus facilement, et j’arrive mieux à réfléchir sur ce que je fais et où je vais.

En ce moment, j’en ai besoin, parce que je ne sais plus vraiment ce que je fais et où je vais. Mon esprit n’est que contradiction, paradoxe et questions sans réponse. Mon cœur vaut à peine mieux. J’ai à la fois l’impression de foncer dans un mur à pleine vitesse et celle que le moment est venu de prendre un tournant… tourner pour éviter le mur, ça parait pas si mal, en fait. Je suis démotivée par les choses qui autres fois me boostait, sur-motivée sur d’autres qui m'ennuyaient et je porte un regard bien différent sur des choses qui me paraissaient autre fois évidentes. En gros, je suis juste un peu perdue, ce qui ne me change pas de d’habitude.

Venora est entrée chez les Daedrik. C’est une excellente nouvelle, je suis si fière de la voir porter le blason que ma tante a si longtemps porté. Je pense qu’ils sauront canalisé son énergie et lui inculquer des notions de vie de clan et de rigueur. Ils lui apprendront que dégommer des « poulets » sans discernement n’est peut être pas une solution adéquate à la guerre à laquelle elle souhaite participer. Je respecte les Daedrik, malgré leurs actes, ce sont des gens de valeurs et je suis persuadée que Venora y sera entre de bonnes mains… ce d’autant qu’elle devrait être rejoint par sa marraine, Minuit… Minuit chez les Daedrik, je peine encore à y croire… elle suit sa Lune et j’avoue que son parcours est… étonnant. En fait, ce qui me laisse le plus perplexe, c’est qu’elle me fait moins peur avec ses ailes de sang qu’avec ses ailes en bois… ([écrit en petit] c’est ptêtre son casque ridicule qui fait ça)

Huhu je devrais peut être pas écrire ça moi, je vais avoir le droit à une séance de daguopuncture!

(hrp: bon bah réponse au ptit jeu: hmm non c'est juste que la mère de Ches est censée habiter sur une ile, mais que Ches a fait tout le trajet à pied... huhuhu)

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MessageSujet: Re: Les carnets de Cheshire   Mer 20 Déc - 17:54

(hrp: suite au passage de l'Ombre au Nord, la suite des carnets se trouvera désormais là
http://robinwoodeur.forumactif.com/viewtopic.forum?t=539

Vous y trouverez une version compilée des carnets de Ches, depuis le début jusqu'aux dernières pages écrites^^)

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